Violence ordinaire... si j'avais su !
Inspiration Psycho

Violence ordinaire… si j’avais su !

Le dernier épisode de Grey’s Anatomy m’a profondément touchée. Il traitait des violences domestiques, et plus particulièrement d’un monstre qui n’avait aucun scrupule à se faire passer pour la victime, alors qu’il était le bourreau. Ce genre de personne me débecte, et au plus profond de mes entrailles, j’ai des envies de meurtre quand j’en vois.

Il n’y a pas de hasard dans la vie, et si la violence (et le mensonge) me touche autant, c’est parce que j’ai connu une relation qui s’est très mal terminée. Et qui aurait pu se terminer d’une bien pire façon… Mais j’ai su réagir, et par chance, tous les éléments extérieurs concordaient pour que je puisse m’enfuir en quelques jours. Si par malheur quelque chose m’avait retenue à ce moment-là, où serais-je aujourd’hui ? Je préfère ne pas le savoir…

Quoi qu’il en soit, je dédie la suite de cet article à toutes les personnes qui restent, alors qu’elles auraient dû partir il y a bien longtemps…

Pour zapper toute mon histoire et aller directement à ce que je voulais te dire, clique ici.

C’est arrivé un 1er septembre. Comme un signe, le mois de septembre étant le mois le plus significatif pour moi en terme de renouveau.

A vrai dire, ça a commencé un 1er septembre dans la joie, et ça s’est terminé un 2 septembre dans la douleur.

Un 1er septembre heureux, à retrouver mes vieux amis, à revoir du monde que je n’avais pas vu depuis longtemps. Je m’étais trop enfermée avant cela… Pourquoi ? Je ne saurais le dire… Enfin… j’ai su le dire par la suite. Si j’avais su…!

Une journée merveilleuse, je me retrouvais enfin, j’avais enfin l’impression qu’Elina refaisait surface, après plus d’un an passé dans le brouillard, à ne plus voir personne.

Et puis il fallut qu’il y ait un hic. Un bonheur ne se contente jamais de durer, non ? (et pourtant, si… maintenant, je le sais)

Un homme qui sortait de nulle part commença à être trop entreprenant avec moi, j’étais gênée, très gênée. D’abord parce qu’il ressemblait à un psychopathe, ensuite parce que j’avais peur de la réaction de mon petit-ami. Au point extrême de ma gêne, je dis à ce psychopathe, avec mon plus grand sourire, d’arrêter de m’adresser la parole, parce que mon petit-ami qui était au bout de la table allait finir par lui éclater la tronche… Je savais de quoi il était capable alors que je ne l’avais jamais vu frapper personne. Personne certes, mais j’avais vu certaines choses voler en éclat par sa faute, et je me méfiais de lui. Si j’avais su…

La soirée s’est très mal terminée. Pendant que j’étais partie aider à ranger le matériel, j’appris que mon petit-ami avait provoqué puis mis une claque au psychopathe. Chez nous, ce genre d’acte est impensable. Nous sommes tous pacifistes, heureux de vivre, jamais une simple claque ne viendrait entacher nos soirées. Et là, par ma faute… une claque fut distribuée. La honte. J’avais osé apporter dans mon cercle d’amis sans histoires un homme capable de perturber notre paix. Je me sentis regardée de travers… Mes amies les plus proches me dirent à quel point elles étaient outrées. Elles-mêmes ne savaient pas quoi dire, tellement ce genre d’acte était impensable ici.

Alors je pris sur moi de ramener la bête enragée dans ma voiture, il était temps de rentrer. Ce fût difficile, j’avais déjà tenté de le raisonner au cours de la soirée. Face à la force d’un homme en colère, qui suis-je ? Personne…

Dans la voiture, je connus une scène de jalousie ridicule. C’était la goutte d’eau qui venait gâcher ma soirée. Je n’en pouvais plus. Et peu importe ce que je répondais, j’avais toujours tort. Je finis alors par lui dire ce qu’il souhaitait entendre « oui je me fous de toi et oui je me moque de toi, oui j’ai fait exprès de parler à ce psychopathe pour t’énerver, parce que je suis vicieuse, j’adore ça ». Quitte à être ridicule, autant y aller à fond. Ça l’a calmé… pendant 30 secondes. Puis la crise reprit. Mon frein à main fût tiré sur l’autoroute. Par chance, mon frein à main fonctionne très très mal. Ça n’a presque rien fait. Mais j’ai eu vraiment très peur. Je ne pourrais même pas dire que j’ai eu la peur de ma vie, puisque j’ai connu la peur de ma vie plus tard dans la nuit… Si j’avais su.

Moi qui n’étais pas de nature violente, je n’ai eu de choix que de lui mettre mon poing dans la figure pour qu’il daigne lâcher ce frein à main. J’en étais réduite à de la basse violence, moi aussi… Tellement moche. Mais le fait de lui crier « STOP » et de le pousser n’ayant aucun effet, j’ai dû me réduire à ses bassesses… Ce qui l’a calmé jusqu’à notre arrivée à la maison. La violence serait-elle une solution ? (Je te le dis, NON, la violence n’est JAMAIS une solution)

Je vais te raconter la suite en mode rapide. Parce que l’article a déjà pris une ampleur immense, et le but n’était pas de te raconter ce soir-là. Tu comprendras après ce que je voulais te dire.

Arrivés à la maison, grosse scène, interdiction d’abord de rentrer chez moi, puis interdiction d’en ressortir pour aller sortir ma chienne, qui (la pauvre), mourait d’envie de faire pipi. Énormes crises à répétition, cassage de meuble, je voulus m’enfuir, je me fis courser dans ma propre maison, la peur s’empara de moi « il va me séquestrer ». Impossible de m’enfermer dans la salle de bain à temps, il finit par tomber. J’en profitai alors pour m’enfuir dans l’autre sens, il me fit tomber à son tour. Arrachage de cheveux par terre puisque j’essayais de le repousser. Quand on a mal aux cheveux, on s’arrête bien vite de crier et de repousser son adversaire. Une fois qu’il se releva de dessus moi pour reprendre ses esprits, j’en profitai pour courir à nouveau. La peur au ventre, impossible de penser autre chose que « fuis ». Envie de m’enfuir par la fenêtre… peu de chance d’y arriver à temps, mais pourquoi pas ? Il arriva trop vite. Me voici en mode recroquevillée, à supplier de me laisser tranquille (il va me tuer). Et là… la chance de ma vie. Un éclair de génie dans son cerveau. Il s’est rendu compte qu’il était allé vraiment trop loin, pour que j’en arrive à être dans cette position. Certainement la même que sa mère face à son père, des années auparavant… Il choisit alors plutôt de se cogner la tête le plus fort possible sur la fenêtre, puis sur mon vélo d’appartement, éclatant le compteur en miettes, en profitant pour éclater son front et laisser des mares de sang par terre, me forçant à appuyer une serviette contre son front et à m’en occuper, le temps que les pompiers arrivent.

Pour moi, c’était terminé. Nous n’avions pas d’enfant, nous avions posé notre préavis pour la semaine suivante (la chance immense) et notre futur bail n’était pas encore signé, plus rien ne me retenait à lui.

Un pompier est quand même revenu me voir avant qu’ils ne partent l’emmener à l’hôpital : « Mademoiselle, vous êtes jeune, vous avez toute la vie devant vous, ne le laissez pas revenir, il recommencera ». Oh oui Monsieur, ne vous inquiétez pas, il ne recommencera jamais avec moi, il n’en aura pas l’occasion. Parce que oui, ce pompier merveilleux avait raison… un homme qui est violent une fois, sera violent toute la vie. Alors la seule chose à faire est de le quitter. On ne peut pas l’aider.

Câlin pompier

Malgré cette certitude, le doute a fini par s’installer en moi. J’ai commencé à me dire que j’abusais peut-être de le larguer pour ça. Whaaat??

(Heureusement, j’ai repris mes esprits et ai passé les reines à sa famille)

MA FILLE, s’il t’arrive ne serait-ce que le quart de ce qu’il m’est arrivé lors de cette journée-soirée-nuit de dingue, LARGUE-LE !

Parce que voilà ce que je voulais te dire…

Un mois avant cette histoire, lorsqu’il a éclaté son téléphone tout neuf dans ma voiture, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il a écrasé ses lunettes pour me montrer sa détresse, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il m’a fait une crise de jalousie et a refusé que je rentre chez moi toute seule alors qu’on était chez sa sœur, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, au premier signe de violence, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand j’ai vu que j’avais pris 10 kilos en 9 mois, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand j’ai commencé à ne vivre que pour et avec lui, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand la première chose à laquelle je pensais lorsqu’un homme m’arrêtait dans la rue pour me draguer était « et s’il voyait ça, comment réagirait-il ? », j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, à la première crise de jalousie ridicule, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il m’a suivie alors que je n’avais aucune envie particulière qu’il déménage avec moi, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il m’a presque violée (je ne sais pas pourquoi je dis « presque », parce que je n’ai pas osé crier et me débattre ?), j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il fallait que j’aille m’acheter de l’alcool et à manger pour oublier ses crises, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il m’a fait sa première crise enfantine au bout d’une semaine, pour une raison qui m’est à ce jour encore inconnue, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il a commencé à vivre chez moi et n’est plus jamais reparti, alors qu’on était ensemble depuis quelques jours, j’aurais dû le quitter.

Mais bien avant ça, quand il m’a appelée pour me dire qu’il était à l’hôpital parce qu’il avait une maladie liée à sa consommation passée de drogue, j’aurais dû lui raccrocher au nez.

Les signes sont partout. Les signes sont inévitables. On ne voit qu’eux. Notre entourage ne voit qu’eux. Notre entourage se demande ce qu’on fait avec cette personne. Mais personne n’ose rien dire, parce qu’on a l’air trop entiché pour quitter ce futur monstre.

Alors, à toi, qui connais une personne dans cette situation : VA LUI DIRE qu’elle est en danger, et que tu feras tout pour l’aider. Sauve-la malgré elle. Il te faudra de la force et de la persévérance, mais tu peux l’aider avant qu’elle ne termine au fond d’un ravin. Par pitié. Fais-le.

Et à toi… qui es dans ce genre de relation : FUIS. Prends tes jambes à ton cou. Quitte cette personne toxique. Quitte ce monstre. Si une relation démarre mal dès les premiers jours, c’est qu’il y a anguille sous roche. Alors ne laisse pas la situation s’envenimer : FUIS. FUIS. FUIS. Je t’en supplie. Par respect pour toi-même, fais-le. Et si tu n’y arrives pas, trouve une personne de confiance qui te donnera le coup de pied aux fesses qui t’est nécessaire.

Transmets ce message à toute personne susceptible d’être touchée. Si ce message pouvait aider ne serait-ce qu’une personne à quitter une relation dangereuse, ce serait déjà énorme.

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Elina
 

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1 Commentaire

  1. Ce témoignage est, je trouve, vraiment touchant. Bravo d’avoir trouver la force de quitter cet homme avant qu’il n’y est justement, plus assez de force en toi. Car c’est quand la violence devient « ordinaire » quand elle fait partie du quotidien, quand l’indignation est remplacée par la terreur des coups, qu’il devient difficile de fuir. Mais même si c’est difficile, la fuite est toujours possible tant qu’il reste un semblant de liberté.

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